Designer graphique
Une belle typographie, une texture qui donne le goût de passer sa main dessus ou une composition qui crie «je suis une œuvre d’art et je l’assume». Parce que le design éditorial, c’est plus qu’emballage: c’est une affirmation. Au cours de la dernière année, les maisons d’édition et les designers ont osé avec du minimalisme assumé, des typographies expressives et un retour au papier qui a du grain. On sent que le dialogue entre l’auteur et le lecteur commence fort, dès le premier regard.
Auteur(e): Laurie Woolever | Designer: Allison Saltzman | Photographe: Bobby Fisher
Allison Saltzman, en collaboration avec le photographe Bobby Fisher, nous propose une esthétique de lendemain de soirée un peu chaotique, mais étrangement élégante. Des huîtres englouties, du vin renversé, des miettes partout… c’est désordonné, mais intriguant. On a presque envie de s’asseoir et d’écouter ce qui s’est passé cette soirée-là. La couverture n’essaie pas d’être belle, elle est vraie et c’est ce qui la rend agréable à regarder.
Auteur(e): Beatriz Serrano | Designer: Na Kim
Une représentation visuelle du burnout, mais rendue presque esthétique. Na Kim s’est inspirée des «sculptures d’une minute» d’Erwin Wurm et honnêtement… wow. La femme pliée en deux sous une chaise? C’est littéralement nous après une longue journée. La typographie bleue, assumée, vient contraster le beige-orangé et frappe juste assez pour dire : «Oui c’est absurde. Et non, je ne m’excuserai pas.»
Auteur(e): Erin Crosby Eckstine | Designer: Adalis Martinez | Illustration: Sonia Lazo
La palette de couleurs de Sonia Lazo est à elle seule un point d’ancrage. Le rose, le orange, le coucher de soleil qui reflète dans l’eau: c’est à la fois doux et vibrant. Le choix d’une typographie simple permet de laisser toute la place à l’illustration. Le résultat respire, tout en restant expressif et c’est le type de couverture qui attire sans forcer.
Auteur(e): Grady Hendrix | Designer: Sydnee Monday | Illustration: Suri Mestha
Sydnee Monday et Suri Mestha ont clairement décidé de s’amuser. La lampe à lave, détournée en objet presque mystique, crée un mélange intéressant entre nostalgie et inconfort. C’est une direction artistique qui intrigue suffisamment pour donner envie d’en savoir plus.
Auteur(e): Kristen Miller | Designer: Sydnee Monday | Illustration: Suri Mestha
Même duo que Witchcraft for Wayward Girls, mais une ambiance complètement différente. Le feu central, les fleurs sombres, la composition dense: tout est chargé d’intensité et affirme quelque chose. La phrase en bas « We are all witches now » agit presque comme un mic drop. Pas besoin d’en rajouter, on veut le lire!
Auteur(e): Imani Perry | Designer: Allison Saltzman | Artiste: Calida Rawles
Changement complet d’énergie. Ici, la couverture utilise une œuvre de Calida Rawles et devient presque une œuvre d’exposition. Le visage qui émerge des tons bleus est calme, mais puissant. C’est le genre de couverture qui parle doucement, mais qu’on souhaite quand même écouter.
Auteur(e): SenLinYu | Designer: Elithien et Noverantale
Noverantale et Elithien nous donnent une esthétoqie dark academia maîtrisée, comme on l’aime. Une silhouette rouge devant un manoir imposant, dans une ambiance brumeuse et dramatique. La texture craquelée donne un effet presque tactile, qui nous donne envie de passer la main dessus lorsqu’on le voit en librairie.
Auteur(e): Chimamanda Ngozi Adichie | Designer: Peigi Wilson
Avec cette couverture, Peigi Wilson a choisi une approche beaucoup plus retenue. Une flamme, des couleurs chaudes, une typo classique et rien de superflu. Une couverture qui sait exactement ce qu’elle vaut et qui, en plus d’être visuellement esthétique, nous donne envie de connaître le sujet du livre!
Auteur(e): Eliana Ramage | Designer: Sydnee Monday | Illustration: Suri Mestha
Un bel équilibre entre le chaud et le froid, entre le bleu et l’orangé. Le grain donne un effet imprimé, presque nostalgique, comme une vieille photo qu’on aurait gardée précieusement dans un tiroir. Une couverture douce, mais très maîtrisée.
Auteur(e): Stephen King | Designer: Will Staehle
Will Staehle a bien compris une chose: quand on conçoit pour un icône de la littérature comme Stephen King, pas besoin d’en faire trop. Une statue de la Justice qui saigne sur fond gris avec une typographie contrastante et texturée, c’est froid et inquiétant, mais c’est surtout très efficace.
Ce qui ressort de ces couvertures, c’est une volonté claire d’assumer une direction. Qu’elles soient minimalistes ou chargées, elles ont toutes en commun une intention forte et une identité visuelle affirmée. En design comme en branding, ce sont souvent les propositions les plus assumées qui marquent le plus. Et visiblement, le design éditorial n’y fait pas exception.